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Marine Moon : le corps paysage

Depuis 2017, Marine Moon dessine les femmes de La Réunion. Pas seulement leurs visages – leurs corps, leurs cheveux, leurs histoires. Cette artiste plasticienne et graffeuse originaire de Saint-Pierre transforme les murs et le papier en territoires intimes où se rencontrent anatomie et végétation, émotions et géographie.

Le 6 décembre 2025, elle expose chez Kolkol au Tampon. Rendez-vous à 18h pour découvrir “Variegations”, une collaboration avec Morne qui révèle une facette intime de son travail : le dessin sur papier.

Portrait d’une artiste qui a fait son chemin

Originaire de Saint-Pierre, Marine Moon a toujours dessiné. Aussi loin que remontent ses souvenirs. Après un bac littéraire option art, elle intègre naturellement l’école supérieure des Beaux-Arts au Port de La Réunion en 2014, d’où elle sort diplômée avec mention en 2020. Là-bas, elle enrichit sa technique : céramique, tissus, installations… Sa pratique picturale prend de l’ampleur et se prolonge dans l’espace. Mais surtout, l’école lui ouvre des portes sur le monde.

Direction la Durban University of Technology en Afrique du Sud, où elle commence à travailler sur la représentation du cheveu chez les femmes africaines. Puis l’Italie, via un Erasmus à l’Academia de belle arti de Turin, où elle approfondit le dessin anatomique. Ces voyages nourrissent son regard, élargissent sa palette de références.

Au-delà de la technique, c’est une démarche qui se précise : explorer le corps féminin, celui qu’elle dessine, encre, grave et peint comme un motif sur tous les supports possibles.
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“Variegations” : Quand l’anatomie rencontre la botanique

Dans cette série qu’elle présente chez Kolkol, Marine Moon peint inlassablement le motif féminin. Mais pas seul. Il s’accompagne toujours de clins d’œil à la flore réunionnaise – ou de fragments architecturaux typiques de l’île : les lambrequins, ces dentelles de bois qui ornent nos cases créoles.

La technique ? Aquarelle et collage. Des vives couleurs à l’aquarelle côtoient différents niveaux de gris. Cette série raconte l’état d’âme, les sentiments et douleurs qui peuvent traverser un corps. Les nuances de gris fonctionnent comme des cicatrices, des marques qui s’inscrivent dans le corps de la femme. Sur certaines pièces, une figure rouge éclatante se détache sur des lavis gris évoquant les nuées volcaniques. Le Piton des Neiges se profile en arrière-plan. Le corps assis contemple le paysage, ancré dans la terre péi. La végétation pousse en filigranes autour de la silhouette, créant un écrin naturel. Sur d’autres, des silhouettes en niveaux de gris se mêlent à la végétation luxuriante. Les corps ne sont pas dans le paysage – ils sont le paysage. Les îlots de verdure poussent comme des cheveux, comme une extension organique du corps féminin.

C’est ça, les “variegations” : ces variations infinies de formes, de couleurs, de textures. Comme les écosystèmes réunionnais qui se transforment d’un cirque à l’autre, d’une altitude à une autre..

Morne : Le maître des lettres vivantes

Pour cette exposition, Marine Moon a invité Morne, artiste visuel qui jongle avec les lettres comme d’autres avec les couleurs. Son truc ? La typographie dans tous ses états. Calligraphie, graffiti, divisionnisme, géométrie, illustration organique… Morne explore tout. Pour lui, la lettre n’est pas juste un signe : c’est une structure vivante. Tantôt éclatée, tantôt construite, toujours traversée d’énergie.

Son travail oscille entre deux univers : d’un côté, la rigueur graphique – compositions géométriques aux lignes nettes, palettes maîtrisées, précision millimétrique. De l’autre, l’expressivité spontanée – écritures éclaboussées, nerveuses, presque musicales. Il joue avec les textures : points, traits, tâches, végétation stylisée. Chaque mot devient un paysage. Les lettres se transforment en architectures miniatures ou en éclats d’émotion. Ses pièces témoignent d’un goût pour la composition dense, la répétition maîtrisée, le mouvement dans la typographie.

En combinant techniques traditionnelles (encre, tracés filaires, calligraphie) et codes urbains (graffiti, muralisme, abstraction géométrique), il construit une identité visuelle hybride et dynamique. Son univers évoque la liberté, l’expérimentation, une recherche permanente autour de ce que la lettre peut raconter au-delà du langage.

 

Le dialogue avec Marine Moon promet d’être riche : elle qui fait du corps un territoire, lui qui transforme les mots en paysages. Deux artistes qui, chacun à leur manière, brouillent les frontières entre figuration et abstraction.

Une scène artistique bouillonnante

Marine Moon fait partie d’une génération qui redonne ses lettres de noblesse à l’art réunionnais. A l’image d’autres artistes comme Zemar ou Bonheur et son Happy Nessy qui distribue du sourire, elle contribue à redessiner le paysage visuel de l’île.

La scène street art réunionnaise prend de l’ampleur. Des fresques géantes comme celle de l’avenue de Toulouse à Bel Air (plus de 500 mètres – la plus grande de l’île !) montrent que l’art urbain fait désormais partie du patrimoine culturel péi.  Saint-denis, saint-pierre, saint louis : Les institutions suivent.  Le street art devient un véritable vecteur de cohésion sociale.

 

Et des lieux comme Kolkol, au Tampon, offrent des espaces pour que ces artistes puissent aussi montrer leur travail plus intimiste, celui qu’on ne voit pas sur les murs

Pourquoi il ne faut pas rater cette expo

Parce qu’on voit rarement le travail sur papier de Marine Moon. Les fresques murales, oui. Mais les aquarelles délicates, les recherches sur les variations de gris, les corps-paysages finement détaillés ? C’est plus rare.

Parce que la collaboration avec Morne promet un dialogue stimulant. Elle qui fait du corps un territoire, lui qui transforme les lettres en architectures vivantes. Deux approches qui se répondent, se complètent. Parce que Kolkol, c’est un lieu engagé dans la promotion de la culture open-source et des pratiques artistiques alternatives. Un espace qui mérite d’être découvert ou redécouvert.

Parce que c’est l’occasion de soutenir les artistes locaux. Dans un monde de l’art souvent focalisé sur les grandes capitales, il est important de valoriser la création qui naît ici, sur notre île.

 

Et puis franchement, c’est quand la dernière fois que vous avez pris le temps de découvrir une expo au Tampon un vendredi soir ?


Infos pratiques

Exposition “VARIEGATIONS”
Marine Moon & Morne

📍 Où ? Chez Kolkol
60 rue Auguste Lacaussade
Le Tampon
La Réunion

📅 Quand ? Vendredi 6 décembre 2025
🕕 Vernissage : 18h

🔗 Contacts :

💰 Entrée libre


À propos des artistes

Marine Moon est artiste plasticienne et graffeuse, diplômée de l’école supérieure des Beaux-Arts de La Réunion (2020, mention). Originaire de Saint-Pierre, elle développe depuis 2017 une recherche autour du corps féminin qu’elle dessine, encre, grave et peint sur tous supports. Ses voyages d’études (Durban, Turin) ont enrichi son exploration de la représentation du corps et du cheveu chez les femmes. Elle participe régulièrement au Festival Run Colorz et à diverses expositions sur l’île.

 

Morne est artiste visuel polyvalent explorant la typographie sous toutes ses formes : calligraphie, graffiti, divisionnisme, géométrie et illustration organique. Son travail transforme la lettre en structure vivante, oscillant entre rigueur graphique et expressivité spontanée. Il combine techniques traditionnelles et codes urbains pour créer une identité visuelle hybride et dynamique.

Sources

 

  1. Festival Run Colorz – Le Graffiti 974. (2023). Édition 2023 – Artistes participants. https://www.graffiti974.com/edition-2023
  2. Imazpress. (2023, 10 novembre). Saint-Louis : Run colorz, le festival des cultures urbaines et du graffiti, s’installe à l’Etang. https://imazpress.com/culture/festival-run-kolor
  3. Ville de Saint-Louis La Réunion. (2021, 5 novembre). Art urbain : le Run Colorz Festival à l’Etang du Gol. https://saintlouis.re/culture/2309-art-urbain-le-run-colorz-festival-a-l-etang-du-gol
  4. Ville de Saint-Louis La Réunion. (2021, 17 novembre). Art urbain : de l’art sur les murs à l’Etang du Gol. https://saintlouis.re/culture/2329-art-urbain-de-l-art-sur-les-murs-a-l-etang-du-gol
  5. Ville de Saint-Louis La Réunion. Arts urbains : une galerie à ciel ouvert à Bel Air. https://saintlouis.re/actualites/120-contrat-de-ville/2323-arts-urbains-une-galerie-a-ciel-ouvert-a-bel-air
  6. Kolkol – Association culturelle. https://kolkol.re
  7. Morne. Instagram : https://www.instagram.com/kframerz
  8. Marine Moon. Page Facebook : https://www.facebook.com/Marinemoon13/
  9. Marine Moon. Déclaration d’artiste – Documents fournis pour l’exposition “Variegations”, 2025.

TOUT'ARTZIMUT : Un festival où littérature, théâtre, débat et créativité se donnent rendez-vous

Du 21 au 23 novembre 2025, Kolkol transforme son espace du Tampon en carrefour des imaginaires avec TOUT’ARTZIMUT, la Fête des Arts Littéraires. Trois jours où la parole se déploie sous toutes ses formes, où l’art s’écoute, se lit, se regarde et surtout se partage, dans une ambiance conviviale ouverte à tous les publics.

Vendredi 21 novembre : Soirée littéraire avec Kanyar

 

La soirée d’ouverture célèbre la littérature péi avec la présentation du nouveau numéro de Kanyar, cette revue littéraire réunionnaise qui donne la parole à des auteur·e·s confirmé·e·s et émergent·e·s dans un magnifique recueil collectif de nouvelles. Au programme : rencontre avec les auteur·e·s du numéro 3 (Julie Legrand, Sylvie Rimlinger, Élodie Lauret, Agnès Antoir, Bilal Moullan, Adolphe Maillot / Pri Daniel Honoré, Nathalie Valentine Legros / Bourbon mystères, et Isabelle Martinez), lectures d’extraits choisis, accompagnement musical en direct par Tropicaduo, échanges avec le public et séance de dédicaces. Une soirée intimiste et conviviale pour célébrer la littérature réunionnaise dans une ambiance musicale envoûtante, où les mots et les notes se répondent pour créer une expérience sensorielle unique.

Samedi 22 novembre : Création et réflexion

 

La journée du samedi (15h-17h) propose deux ateliers en parallèle animés par Claire Ruiz : un atelier pâte à modeler pour les 6-8 ans où les enfants malaxent, créent et donnent forme à leur imagination, et un atelier Stop Motion pour les 8-12 ans où les jeunes participants découvrent les secrets du cinéma d’animation image par image et repartent avec leur propre création (16€/enfant pour chaque atelier, inscription obligatoire, minimum 5 participants). En parallèle, un atelier-débat animé par Kentyn interroge frontalement la question : “Faut-il être cultivé pour apprécier l’art ?” – une discussion bienveillante et stimulante pour déconstruire ensemble les barrières symboliques qui éloignent parfois certains publics de l’art. La soirée se poursuit à 18h avec une scène ouverte mêlant passage d’éloquence, slam et fonnkèr, où artistes confirmés et débutants sont invités à monter sur scène pour partager leurs textes, leurs rimes, leurs émotions.

L’après-midi se poursuit avec un café-philo animé par Richard Dijoux autour de la question “À quoi sert la philo ?” – une discussion conviviale autour d’un café où chacun peut explorer collectivement les enjeux d’une discipline souvent perçue comme abstraite mais qui offre des outils précieux pour penser le monde et sa propre existence, dans l’esprit des cafés-philo qui démocratisent l’accès à la pensée philosophique.

“Grosse !” : Un spectacle nécessaire sur la tyrannie de l’apparence

Parmi les temps forts du festival, le spectacle “Grosse !” de la Compagnie Bayadelle s’impose comme un moment de théâtre coup de poing. Écrit et interprété par Sylvie Debras, ce solo nominé au Prix Tournesol du Festival d’Avignon Off 2023 raconte avec humour et tendresse le combat de Léa contre son propre corps, devenu “ennemi intime” depuis son premier régime imposé à 13 ans. De A comme aliments à Z comme zéro régime, elle déroule un abécédaire qui démonte la grossophobie, dénonce la tyrannie de l’apparence et tord le cou aux stéréotypes sexistes, dans une mise à nu sans tabou servie par une écriture rythmée et percutante.

Salué par la critique (“Un magnifique plaidoyer en faveur des femmes” – Le Progrès ; “Une réflexion lucide sur la société d’aujourd’hui” – La Presse bisontine), ce spectacle drôle et poignant invite à repenser notre rapport au corps, aux normes et au regard des autres. Une œuvre qui libère autant qu’elle fait réfléchir, à découvrir absolument lors de Tout’artzimut. → Lire l’article complet sur “Grosse !”.

Dimanche 23 novembre : Convivialité et philosophie

Le dimanche cultive l’ambiance décontractée avec un après-midi jeux de société, moment de sociabilité chère à Kolkol où l’on pose les téléphones pour se reconnecter autour d’un bon jeu dans le plaisir du face-à-face et du temps partagé sans écrans. La journée se poursuit avec Ciné Marmay, une sélection de courts-métrages d’animation pour les enfants (à partir de 3 ans) – des films poétiques et exigeants qui éduquent le regard et stimulent l’imaginaire dans un monde saturé d’images standardisées. Dans une ambiance cosy et conviviale, les petits cinéphiles découvrent des histoires drôles, touchantes et surprenantes qui font voyager et réfléchir, proposant aux jeunes spectateurs des œuvres de qualité qui les traitent en véritables amateurs de cinéma capables d’émotion esthétique et de compréhension narrative.


 

Programmation tous publics : spectacles et ateliers pour petits et grands

 

Pendant les trois jours du festival, plusieurs activités enrichissent l’expérience. Samedi, Ti Babouk Anlèr, version allégée du spectacle à succès “Gro Babouk Anlèr”, revisite les comptines classiques françaises en créole réunionnais dans un voyage musical joyeux où “Cerf, rouv ton porte… Dann la line féklèr…” prennent vie pour transmettre le patrimoine linguistique et culturel aux marmay. Dimanche,  Le Ciné Marmay propose une sélection de courts-métrages d’animation pour les enfants (à partir de 3 ans), des films poétiques et exigeants qui éduquent le regard et stimulent l’imaginaire dans un monde saturé d’images standardisées. Une rencontre littéraire avec Océane Paris, autrice de “Recueil de mes songes”, offre un moment d’échange et de lectures suivi d’une séance de dédicaces, rappelant que la littérature est aussi une parole vivante qui se transmet et se partage.

Exposition “Réminiscences” : Mémoire et création contemporaine

 

Visible pendant les trois jours du festival, l’exposition collective “Réminiscences” réunit cinq artistes réunionnais aux pratiques complémentaires : Mayonnaise, Laurent Callot (photographie et cyanotype, ce procédé ancien qui utilise la lumière du soleil pour révéler des images en bleu de Prusse), Charlotte Boiron (photographe spécialisée dans les portraits aquatiques qui capture en apnée des corps en apesanteur, et qui propose également une installation olfactive ajoutant une dimension sensorielle au parcours), Llalor/Lorena (cyanotypes aux nuances poétiques) et Inkult (street art, actif depuis 2000). Cette exposition croise différentes temporalités artistiques – des bleus profonds des cyanotypes évoquant le XIXe siècle photographique aux créations contemporaines – pour explorer les thèmes de la mémoire, de la lumière et des émotions dans un dialogue entre procédés anciens et regards modernes.

Un festival engagé : L’art comme bien commun

Au-delà de sa programmation foisonnante, TOUT’ARTZIMUT porte une vision claire de la culture comme bien commun accessible à tous. Avec une entrée libre pour la quasi-totalité des événements (seuls les ateliers de Claire Ruiz sont payants à 16€), un accès PMR assuré, une diversité de propositions allant du spectacle pour enfants à la conférence philosophique, le festival affirme que la culture n’est pas un luxe réservé mais un espace de partage et d’émancipation collective. En refusant les cloisonnements entre art savant et populaire, entre générations et disciplines, TOUT’ARTZIMUT invite non pas à la consommation passive mais à l’engagement actif : chacun peut monter sur scène, prendre la parole, créer, débattre. Cette horizontalité inscrit le festival dans le mouvement de l’éducation populaire qui vise à l’émancipation par la culture, rappelant que l’art n’a pas besoin de se justifier par son utilité économique mais possède une valeur intrinsèque de transformation de notre rapport au monde et aux autres.


Informations pratiques

TOUT’ARTZIMUT – Fête des Arts Littéraires

📅 Du 21 au 23 novembre 2025

📍 Chez Kolkol
60 rue Auguste Lacaussade
97430 Le Tampon, La Réunion

🚗 Parking 200 places • ♿ Accès PMR • 🍴 Snacking sur place

💰 Tarifs :
Entrée libre (sauf ateliers Claire Ruiz : 16€/enfant)

📞 Contact :
0693 65 95 81 • chezkolkol@kolkol.re • kolkol.re

Dans une époque marquée par l’individualisme et la marchandisation, TOUT’ARTZIMUT propose pendant trois jours un espace-temps différent où l’on prend le temps de regarder, d’écouter, de parler, de créer ensemble. Loin des logiques de rentabilité, le festival affirme que l’art retrouve ici sa fonction première : non pas divertir ou décorer, mais transformer notre rapport au monde et aux autres. Chez Kolkol, l’art n’est pas un luxe ni une évasion – c’est une façon d’habiter le monde, ensemble, avec exigence et générosité.

« L’art n’est pas un miroir pour refléter le monde, mais un marteau pour le façonner. » — Vladimir Maïakovski


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"Grosse !" : Un Spectacle Coup de Poing sur la Tyrannie de l'Apparence

Quand le théâtre devient un acte de résistance

Dans le cadre du festival Tout’artzimut, Kolkol accueille un spectacle qui ne laisse personne indifférent : “Grosse !” de la Compagnie Bayadelle. Un solo théâtral puissant, drôle et profondément humain qui aborde de front un sujet encore trop souvent tabou : la grossophobie et la tyrannie de l’apparence imposée aux femmes.

L’histoire de Léa : Une vie dictée par les régimes

Au sortir de sa douche, dans l’intimité d’une salle de bains, Léa nous raconte. À 13 ans, avant même d’être en surpoids, sa mère lui impose son premier régime. Un tableau alimentaire : vert pour les aliments permis, orange à éviter, rouge à supprimer. S’ensuit une descente aux enfers faite de coupe-faim, de régimes draconiens, de médecins, d’hôpitaux, et surtout de ce yoyo infernal où chaque kilo perdu revient au galop, accompagné de ses frères.

 

De A comme aliments à Z comme zéro régime, Léa déroule son abécédaire intime avec une lucidité désarmante. Elle nous fait vivre son combat contre son propre corps, devenu “ennemi intime numéro un”. Mais au-delà de son histoire personnelle, c’est tout un système qu’elle démonte : celui d’une société qui déclare la guerre aux rondeurs des femmes et fait de la minceur un impératif moral.

Un spectacle nominé et salué par la critique

“Grosse !” n’est pas passé inaperçu. Nominé pour le Prix Tournesol du spectacle vivant humaniste au Festival d’Avignon Off 2023 (15 nominés sur 1491 spectacles !), le spectacle a conquis public et critiques par sa justesse, son humour et sa générosité.

“La mise à nu, sans tabou, est servie par une écriture rythmée et percutante, avec un humour décalé revigorant. On rit souvent au cours de cette pièce un brin déjantée mais on rit parfois jaune,” salue 50-50 Magazine.

Le Progrès y voit “un magnifique plaidoyer en faveur des femmes qui, si elles prennent une place grandissante dans l’espace politique, économique, sportif ou artistique, sont toujours victimes d’un diktat social qui les veut de plus en plus minces.”

Sylvie Debras : Une artiste qui ose tout

Seule en scène, Sylvie Debras incarne Léa avec une authenticité bouleversante. Autrice et interprète, elle porte son texte avec une énergie communicative, passant du rire aux larmes, de la légèreté à la gravité. Sa mise en scène, signée Mélanie Manuélian, fait de la salle de bains un espace théâtral intimiste où les confidences deviennent universelles.

 

La lumière devient le principal costume de notre héroïne, l’aidant à passer d’un personnage à l’autre, d’une époque à l’autre. Pas d’artifices superflus, juste la force brute d’un témoignage qui résonne et qui raisonne.

Un spectacle qui fait écho à notre époque

À l’heure où les réseaux sociaux multiplient les injonctions contradictoires, où les influenceurs vendent du rêve en format retouché, où les régimes miracles promettent le bonheur en quelques kilos perdus, “Grosse !” arrive comme un électrochoc salutaire.

Léa dénonce les discriminations, tord le cou aux stéréotypes sexistes, s’insurge contre une société où, comme le souligne La Presse bisontine, “la domination masculine s’inscrit dans la chair des femmes”. Mais elle le fait avec humour, avec tendresse aussi, et surtout avec une détermination contagieuse.

Ce spectacle nous rappelle que l’obésité n’est pas un “vilain défaut” mais souvent le résultat d’un système oppressif qui transforme des corps en champs de bataille. Que derrière chaque personne grosse, il y a une histoire, des blessures, et surtout une humanité qui mérite respect et dignité.

Pourquoi venir voir “Grosse !” à Tout’artzimut ?

Parce que ce spectacle est nécessaire. Dans une société qui nous bombarde d’images de corps “parfaits”, qui fait de la minceur une norme et de la différence une faute, entendre la voix de Léa est un acte de résistance.

Parce qu’il est accessible à tous, à partir de 12 ans. C’est un spectacle familial au sens noble du terme : il parle à chacun d’entre nous, quel que soit notre âge, notre morphologie, notre histoire avec notre corps.

Parce qu’il est drôle ! Oui, on rit beaucoup dans “Grosse !”. L’humour décalé de Sylvie Debras transforme la douleur en force, le témoignage en arme de déconstruction massive des préjugés.

Parce qu’il fait du bien. On sort de cette représentation avec quelque chose de changé en soi. Une prise de conscience, une empathie nouvelle, une envie de résister aux diktats, de s’accepter, d’accepter l’autre.

Un spectacle qui s’inscrit parfaitement dans l’esprit Kolkol

Accueillir “Grosse !” dans le cadre de Tout’artzimut, c’est cohérent avec l’esprit de Kolkol : un espace ouvert, généreux, où l’art devient un outil de réflexion et de transformation sociale. Après les débats sur “Faut-il être cultivé pour apprécier l’art ?”, après les cafés-philo, ce spectacle prolonge la conversation sur des sujets qui nous concernent tous.

 

C’est aussi l’occasion de montrer que le théâtre n’est pas qu’un divertissement. C’est un miroir tendu à la société, un lieu où l’on peut rire de nos travers tout en les dénonçant, où l’intime devient politique, où un corps sur scène peut porter la voix de milliers d’autres.

Informations pratiques

Spectacle “Grosse !” – Compagnie Bayadelle
De et avec Sylvie Debras
Mise en scène : Mélanie Manuélian

Dans le cadre du festival Tout’artzimut
📍 Galerie Farfar – Kolkol, Le Tampon
📅 [Date et horaire à préciser]
🎟️ Entrée libre / Tarif à définir

Durée : Environ 1h
Public : À partir de 12 ans


En conclusion

“Grosse !” n’est pas un spectacle “sur” l’obésité. C’est un spectacle sur la liberté, sur le droit d’exister dans son corps quel qu’il soit, sur la résistance face aux normes oppressives. C’est un appel à la raison, à l’empathie, à l’arrêt de cette course folle vers un idéal inatteignable et destructeur.

Sylvie Debras nous offre bien plus qu’un témoignage : elle nous tend la main pour nous inviter à réfléchir, à rire, à ressentir, et peut-être à changer notre regard. Sur les autres, et sur nous-mêmes.

Ne manquez pas ce rendez-vous important lors de Tout’artzimut. Parce que l’art, quand il est sincère et courageux, a ce pouvoir extraordinaire de nous transformer.

Réservez vite votre place !


Pour plus d’informations sur le festival Tout’artzimut et le programme complet :
🌐 kolkol.re
📱 [Coordonnées à ajouter]

Pour découvrir le travail de la Compagnie Bayadelle :
🌐 www.bayadelle.fr


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Au cœur de la Plaine des Palmistes : Quand l'art prend racine au Domaine des Tourelles

Une alliance fructueuse entre patrimoine et création contemporaine

Depuis plus d’un mois maintenant, quelque chose de magique se déploie au Domaine des Tourelles, cette somptueuse case créole nichée au cœur de la Plaine des Palmistes. Le Domaine des Tourelles s’associe à l’association Kolkol pour accueillir, jusqu’en décembre, une série de résidences d’artistes. Une initiative qui transforme ce lieu chargé d’histoire en un véritable laboratoire de création artistique, où le patrimoine architectural dialogue avec les expressions contemporaines les plus audacieuses.

Cette collaboration entre Kolkol et le Domaine des Tourelles n’est pas le fruit du hasard. Elle s’inscrit dans une vision commune : celle de faire vivre l’art au plus près des territoires, de créer des espaces de rencontre entre les créateurs et le public, et de valoriser le travail des artistes dans un cadre exceptionnel. L’atelier mis à disposition par le Domaine devient ainsi bien plus qu’un simple lieu d’exposition – c’est un espace de création vivante, un atelier ouvert, un lieu de respiration où l’art se fait, se défait et se refait sous nos yeux.

Le Domaine des Tourelles : un écrin patrimonial pour la création

Pour comprendre toute la portée de cette initiative, il faut d’abord saisir l’importance du lieu qui l’accueille. Le Domaine des Tourelles est situé à environ 1 050 mètres d’altitude immédiatement au sud-ouest du centre-ville de La Plaine-des-Palmistes. Achetée en 1923 par Joseph Alexis Champierre de Villeneuve, la maison est entièrement détruite et reconstruite en 1926-1927.

La façade, inspirée de l’actuelle Maison Timol, se distingue du paysage réunionnais de par son architecture atypique avec ses deux tours. Cette demeure qui fut, jusqu’à la fin des années 1940, la plus somptueuse maison de villégiature de la Plaine des Palmistes, a connu bien des métamorphoses avant de devenir ce qu’elle est aujourd’hui.

En ruine à la fin des années 1980, elle est rachetée par le département de La Réunion, à l’origine des travaux de reconstruction qui s’achèvent en 1993 et la maison devient alors un archipel pour les métiers d’art. Aujourd’hui, cet îlot de l’Archipel des Métiers d’Art regroupe des ateliers d’artisans, une boutique artisanale et un espace restauration.

C’est dans ce contexte patrimonial et artistique si particulier que l’association Kolkol a trouvé un partenaire de choix pour déployer sa vision de l’accompagnement des artistes. Au cœur de la Plaine des Palmistes, à plus de 1000 mètres d’altitude, entouré de nature luxuriante et de fraîcheur propice à la création, le Domaine des Tourelles offre aux artistes un cadre unique où le temps semble suspendu.

Kolkol : deux ans d’engagement au service des artistes

Avant de plonger dans le détail de ces résidences, il convient de rendre hommage au travail remarquable accompli par l’association Kolkol depuis sa création. Kolkol accompagne les artistes dans leur promotion. Elle leur ouvre des portes sur toute l’île de La Réunion et génère pour eux de la visibilité,  encourage la diversité et l’émergence, met à disposition son réseau et ses ressources. Depuis deux ans, l’association multiplie les initiatives : ouverture de la galerie Farfar au Tampon, puis ouverture du Tiers-lieu “Chez Kolkol”, organisation d’événements, kolkol met le travail de ses artistes adhérents au cœur des quartiers populaires, et aujourd’hui, ses résidences d’artistes au Domaine des Tourelles.

Le nom même de l’association est évocateur : kolkol est une herbe qui colle sur les vêtements quand on va dans des friches, une métaphore puissante qui illustre la capacité de l’association à s’implanter durablement dans le paysage culturel réunionnais, à tisser des liens, à créer du réseau.

 

Les artistes en résidence : une succession de talents généreux

Depuis le début de cette initiative, l’atelier du Domaine des Tourelles a vu se succéder des artistes aux pratiques diverses et complémentaires. Aurore Labre a ouvert la voie, suivie par Sylvie Rimlinger (Vie464), puis actuellement Amanda Goicovic et Yannick Aly-Beryl qui tissent leur toile dans cet espace unique. Fin novembre, Nathalie Mathé (Herenui) et Christelle Guilhem prendront le relais, chacune à leur tour, poursuivant cette belle dynamique de création au cœur de la Plaine des Palmistes.

Aurore Labre : pionnière de l’atelier

 

Aurore Labre a été l’une des premières artistes à investir cet espace de création, jouant ainsi un rôle fondateur dans cette aventure. Artiste plasticienne basée à Sainte-Rose, dans l’Est de l’île, elle incarne une figure émergente de la scène artistique réunionnaise. Son passage aux Tourelles a permis de poser les bases de ce qui allait devenir une véritable dynamique de création, testant le dispositif et démontrant qu’un atelier au cœur d’un lieu patrimonial pouvait effectivement devenir un espace de travail vivant et inspirant.

L’année 2024 marque pour elle un tournant significatif : en juin, elle a officiellement professionnalisé sa pratique artistique, créant son statut d’entrepreneur individuel dans la création artistique relevant des arts plastiques. Ce passage au statut professionnel témoigne d’un engagement profond envers son art et d’une volonté de vivre pleinement de sa création. Cette démarche s’inscrit parfaitement dans la mission de Kolkol, qui accompagne justement les artistes dans leur structuration et leur développement.

Avec plus d’une quarantaine d’œuvres à son actif, Aurore Labre construit patiemment un corpus qui lui est propre. Bien que discrète sur la scène médiatique – préférant laisser parler ses œuvres plutôt que multiplier les interviews – elle représente cette génération d’artistes réunionnais qui, loin des projecteurs et de l’agitation des grands centres culturels, travaillent avec passion et constance à développer leur langage plastique. Son ancrage à Sainte-Rose, territoire marqué par la puissance tellurique du volcan et la luxuriance tropicale, nourrit sans doute son imaginaire créatif.

 

En acceptant d’être parmi les premières à investir l’atelier du Domaine des Tourelles, Aurore Labre a fait preuve de courage et de confiance. Elle a pris le risque de l’expérimentation, sans savoir exactement ce que cette résidence allait devenir. Son passage a ouvert la voie aux autres artistes, leur montrant qu’il était possible de créer dans ce lieu, d’y trouver l’inspiration, d’y développer son travail. En cela, elle mérite pleinement le titre de pionnière.

Aurore Labre - Révolution (2024)

Sylvie Rimlinger (Vie464) : l’artiste du fragment recomposé

Après Aurore Labre, c’est Sylvie Rimlinger, qui signe ses œuvres sous le pseudonyme évocateur de Vie464, qui a pris possession de l’atelier. L’œuvre de l’artiste Sylvie Rimlinger est une ode à la beauté et au sublime désordre du monde. Baroque et rocambolesque, penchée sur l’abstrait, sa démarche artistique s’ancre dans une poursuite sensible et tangible des grands textes et des grands mythes de l’humanité.

Née dans le Lot en 1964, elle arrive à La Réunion en 1990, débarquant dans un milieu artistique alors en pleine effervescence. Elle devient rapidement intermittente du spectacle et s’active dans la production de spectacle vivant. Parallèlement, elle commence à coller, bricoler, assembler, tout ce qui lui tombe sous la main.

Ce qui rend le travail de Sylvie Rimlinger particulièrement fascinant, c’est sa capacité à transformer la contrainte en source de créativité. Fortement influencée par l’Oulipo, elle utilise la contrainte et le jeu pour se pousser en dehors de toute routine. Ses collages sont bien plus que des assemblages de papiers : ils sont des narrations visuelles qui interrogent notre rapport au monde, à la mémoire, à l’identité.

Dans sa collection « Châteaux de Cartes », elle présente des assemblages d’éléments recomposés d’un simple jeu de cartes. Symboles, nombres, couleurs, rois, reines et valets, tous se retrouvent dans des restructurations intelligentes et inspirées qui composent chacune une narration originale.

Artiste protéiforme, Sylvie Rimlinger est aussi romancière, script-doctor et biographe. La versatilité de l’artiste est remarquable. Le sublime désordre de ses séries de collages s’épanouit davantage dans ses peintures, dessins et tissages, qui captivent et émerveillent. Son œuvre, nourrie de littérature, traversée par les mots d’Eugène Ionesco ou encore de Maya Angelou, nous emporte dans un voyage à la fois ludique et philosophique.

Sylie RIMLINGER

Amanda Goicovic et Yannick Aly-Beryl : le tissage comme langage

Actuellement, deux artistes remarquables occupent l’atelier et déploient leur pratique du tissage, créant une véritable synergie créative. Amanda Goicovic et Yannick Aly-Beryl incarnent une génération d’artistes qui questionnent les savoir-faire traditionnels pour les réinventer dans une perspective contemporaine.

Amanda Goicovic : tisserande de mémoires

Amanda Goicovic est une artiste plasticienne qui focalise son travail dans l’univers textile. Elle est née au Chili en Amérique du Sud, mais elle commence sa carrière dans l’art qu’en France, où elle est installée depuis 9 ans. Son parcours l’a menée à La Réunion où elle a développé une fascination profonde pour les techniques textiles locales.

Fascinée par les techniques textiles, elle s’intéresse à la technique de la broderie de Cilaos, qui mêle broderie blanche, dentelle et tissage. Dans son travail, Amanda Goicovic établit un dialogue poétique entre temps et matière : « Tous nos jours sont planifiés, ils n’échappent pas au grillage du calendrier. Les jours de Cilaos sont différents, ils gardent l’invisible du quotidien. Le temps que prennent les broderies peut difficilement devenir un point de repère. Alors, on perd le comptage de jours et à la place, on compte les fils, qu’on doit enlever, lancer, faire passer et ainsi de suite dans une boucle interminable de gestes. »

Cette approche du temps comme matière à tisser trouve une résonnance particulière dans l’atelier du Domaine des Tourelles, où la création se fait au rythme lent et méditatif du geste textile. « Le rythme est donné par la lumière du jour qui rentre par les fenêtres… On travaille la toile de lin comme on travaille une sculpture, on taille avec l’aiguille. »

Le travail d’Amanda Goicovic ne se limite pas à une pratique esthétique. Ancienne chercheuse, elle s’est toujours questionnée sur la place donnée à l’artisanat dans l’art et notamment l’art contemporain, interrogeant si « la dimension artisanale dans les œuvres d’art peut-elle être considérée comme un geste politique ? »

Lors de sa récente exposition-chantier Arpentisaz à Saint-Pierre, elle a exprimé son envie de sortir des postures classiques, du rapport artiste-spectateur. Elle fait intervenir ceux qui viennent regarder, les invite à toucher, à sentir et même à faire, intégrant leur travail dans l’exposition. Cette approche participative fait écho à sa vision selon laquelle « les territoires fabriquent leur avenir ».

La dimension de lutte contre une forme de néo-colonialisme est complètement présente dans l’ensemble de son travail artistique et de recherche. Comment faire en sorte de développer les pratiques locales sans que celles-ci ne deviennent exploitées ? Comment préserver les spécificités locales quand le capitalisme tend à uniformiser pratiques et cultures ? Pour Amanda Goicovic, l’artisanat n’est pas un héritage figé mais une manière d’imaginer un avenir plus autonome et plus solidaire.

Amanda GOICOVIC

Yannick Aly-Beryl : designer des territoires

Yannick Aly-Beryl apporte à cette résidence une dimension particulière, celle du design territorial et de l’innovation sociale. En déployant des méthodes issues du design, il propose des solutions créatives au service du développement local et des territoires délaissés. Il accompagne des collectivités, des institutions et des structures privées à innover autour des enjeux urgents de soutenabilité environnementale et sociale.

Son approche se caractérise par une immersion totale sur le terrain : « C’est en étant sur le terrain, en faisant avec, ses habitant·e·s et ses composantes naturelles, culturelles, économiques et sociales que je livre des réponses sur-mesures. »

La collaboration entre Amanda Goicovic et Yannick Aly-Beryl autour du tissage n’est pas anodine. Elle témoigne d’une convergence de préoccupations : réactivation des savoir-faire locaux, création de liens sociaux par l’artisanat, questionnement sur les modes de production et de transmission. Dans l’atelier des Tourelles, leurs fils se croisent pour tisser non seulement des œuvres textiles, mais aussi des réflexions sur notre manière d’habiter le monde et de faire société.

Les prochaines à rejoindre l’aventure : Herenui et Christelle Guilhem

La belle dynamique initiée au Domaine des Tourelles ne s’arrête pas là. Fin novembre, deux nouvelles artistes prendront le relais, chacune à leur tour, pour poursuivre cette exploration créative dans ce lieu unique. Nathalie Mathé, qui signe ses œuvres sous le nom poétique Herenui, et Christelle Guilhem, deux figures engagées de la scène artistique réunionnaise, apporteront leurs univers singuliers à cet atelier de la Plaine des Palmistes.

Herenui : l’alchimie de la transformation

Chimiste de formation, Nathalie Mathé a choisi de suivre le fil de ses émotions et de sa créativité pour devenir Herenui, une artiste complète, libre et profondément humaine. Ce passage de la science à l’art n’est pas une rupture, mais plutôt une continuité : dans les deux domaines, il s’agit de transformation, d’observation, de compréhension des processus.

Sa démarche artistique s’ancre dans la célèbre maxime de Lavoisier, reprise par Mendeleïev : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Cette philosophie irrigue l’ensemble de son travail. Entre peinture, pyrogravure, tempéra, pastel ou acrylique, chaque médium devient un langage d’émotion et de lumière. À cela s’ajoutent la restauration, la sculpture du bois et la transformation d’objets – une pratique artistique résolument plurielle qui témoigne de sa curiosité insatiable et de son refus de s’enfermer dans une seule discipline.

Son parcours est marqué par une expérience de vie riche et cosmopolite : Mayotte, Madagascar, Marseille, Guadeloupe, Autriche, Belgique, et aujourd’hui La Réunion. Ces multiples territoires traversés ont nourri son regard, enrichi sa palette, et forgé une sensibilité particulière aux questions de transmission et de partage. Son atelier à Saint-Leu est devenu un lieu de rencontre et d’apprentissage, où elle propose des espaces pour se découvrir à travers l’art, pour enfants comme pour adultes.

Son parcours artistique à la réunion fait d’elle une véritable passeuse de savoir et de sensibilité. Elle anime notamment un cours hebdomadaire intitulé « Le chant des couleurs », titre qui résume à lui seul sa vision de l’art comme une mélodie visuelle, une harmonie entre les teintes et les matières. Sa présence au Domaine des Tourelles promet d’apporter une dimension à la fois poétique et technique, celle d’une artiste qui sait autant manier le pinceau que transmettre son savoir.

Herenui - Nuages et mer

Christelle Guilhem : médiatrice culturelle et artiste engagée

Christelle Guilhem incarne une figure particulière dans le paysage artistique réunionnais : celle de l’artiste-médiatrice, de la créatrice qui ne se contente pas de produire des œuvres, mais qui s’engage activement dans la construction d’espaces culturels et dans l’accompagnement d’autres artistes.

Membre du collectif « À minuit le soleil », elle est également membre fondatrice et directrice artistique bénévole de l’Espace Carambole au Tampon, devenu aujourd’hui “Chez Kolkol” un lieu incontournable pour les arts visuels dans le sud de l’île. Cette implication dans la création de structures culturelles témoigne d’une vision de l’art comme pratique collective, nécessitant des lieux, des réseaux, des espaces de rencontre.

Son engagement ne s’arrête pas là : elle participe bénévolement aux Nuits d’Art de la Pleine Lune avec l’association Cheminements, et a réalisé le livret « Ateliers, lieux de création » dont l’objectif est de rendre visible le travail des artistes du Tampon. Cette attention portée à la visibilité des artistes, à la cartographie des lieux de création, résonne parfaitement avec la démarche de Kolkol. Elle a également participé à la mise en œuvre du Mois de l’Art Contemporain le OFF dans la commune du Tampon.

Sa formation est multiple et révélatrice de son parcours : Master 2 Enseignement et Formation, Licence Sciences de l’Education, DU de médiation sociale et culturelle, formation à l’École d’Art des Arènes avec option peinture à l’huile. Ce croisement entre formation artistique et formation en médiation culturelle et en sciences de l’éducation lui permet d’occuper une position unique, à l’intersection de la création, de la transmission et de l’action culturelle.

Christelle Guilhem a également été intervenante pour la mise en place d’ateliers au Village Titan au Port et pour le Conseil Général de la Réunion, et a accompagné des projets dans le cadre du développement rural de Grand Coude et de la cohésion sociale à Saint-Joseph. Son travail artistique s’inscrit donc dans une vision élargie de la culture comme outil de développement territorial et de lien social.

Récemment, elle a exposé aux côtés de Delphine Tronquart, témoignant ainsi d’une pratique artistique toujours active. Sa venue au Domaine des Tourelles s’inscrit dans la continuité de son engagement pour la création de réseaux et d’espaces pour les artistes – elle qui a tant œuvré pour créer ces lieux ailleurs viendra cette fois créer dans un espace offert par d’autres, bouclant ainsi une belle boucle de solidarité entre artistes.

Un soutien mutuel :
quand les artistes portent Kolkol

Ce qui rend ces résidences particulièrement précieuses, c’est la relation de réciprocité qu’elles instaurent. En acceptant d’investir cet atelier, en y créant leurs œuvres, en ouvrant leur processus de création au public, ces artistes ne font pas que bénéficier d’un lieu de travail exceptionnel. Ils participent activement à donner corps au projet de Kolkol, ils le légitiment par leur présence, ils l’enrichissent de leur talent.

Chacun de ces artistes, par sa pratique singulière, contribue à faire de l’association Kolkol bien plus qu’une simple structure de diffusion. Ils en font un véritable laboratoire d’expérimentations artistiques, un lieu de pensée critique sur l’art et son rôle dans la société, un espace de transmission et de partage..

Ce partenariat entre Kolkol et le Domaine des Tourelles dessine les contours de ce que pourrait être une politique culturelle véritablement ancrée dans les territoires. Il montre qu’il est possible de faire dialoguer patrimoine et création contemporaine, de créer des espaces de travail pour les artistes en dehors des centres urbains habituels, de rendre la création accessible et visible au plus grand nombre..

Les artistes qui se sont succédé dans cet atelier ont montré, chacun à leur manière, que l’art n’est pas une activité déconnectée du monde, mais au contraire une façon d’habiter le territoire, de tisser du lien, de transmettre et de réinventer des pratiques. Que ce soit à travers les collages narratifs de Sylvie Rimlinger, les tissages engagés d’Amanda Goicovic, ou les démarches de design territorial de Yannick Aly-Beryl, c’est une même vision de l’art comme pratique sociale et culturelle qui se dessine.

Le Domaine de Baradoz, paradis des artistes

Pour qu’une résidence d’artiste soit réussie, il ne suffit pas d’offrir un atelier de création. Il faut aussi pouvoir accueillir les artistes dans des conditions propices au travail et à la concentration. C’est là qu’intervient le Domaine de Baradoz, partenaire précieux de cette initiative, qui assure l’hébergement des artistes durant leur séjour à la Plaine des Palmistes.

Le Domaine de Baradoz  un lieu dont le nom dit déjà tout de la philosophie qui l’anime. “Baradoz” signifie “paradis” en breton, et c’est bien cette ambition que porte Enora, la gestionnaire du lieu, Bretonne tombée amoureuse de La Réunion : créer un espace de ressourcement et de détente en pleine nature, loin du bruit, au cœur de l’île.

Niché dans un environnement naturel préservé, le domaine offre aux artistes un cadre serein avec son jardin paisible et sa terrasse spacieuse qui offre des vues imprenables sur les montagnes environnantes. Cette immersion dans la nature à plus de 1000 mètres d’altitude, dans la fraîcheur des Hauts, crée les conditions idéales pour la création artistique et la réflexion.

Mais ce qui rend ce partenariat particulièrement pertinent, c’est la vision d’Enora elle-même, qui a pensé son lieu comme un espace de rencontre entre cultures et pratiques créatives. Le Domaine de Baradoz accueille régulièrement des associations artistiques et culturelles qui y organisent des ateliers, des stages, des vernissages et toutes sortes d’événements créatifs. Les pièces communes peuvent même accueillir des ateliers créatifs, des réunions ou des vernissages artistiques en journée, créant ainsi des opportunités de rencontres et d’échanges.

Cette approche en parfaite adéquation avec celle de Kolkol fait du Domaine de Baradoz bien plus qu’un simple lieu d’accueil: c’est un lieu qui participe pleinement à l’expérience de résidence, un espace où les artistes peuvent se ressourcer après leurs heures de création à l’atelier des Tourelles, partager leurs réflexions dans un cadre convivial, et bénéficier d’un accompagnement attentif tout au long de leur séjour.

Cette collab souligne une fois de plus l’importance des solidarités locales dans le soutien à la création artistique. Que ce soit le Domaine des Tourelles qui met à disposition l’atelier, ou le Domaine de Baradoz qui accueille les artistes, ce sont des acteurs du territoire qui se mobilisent pour faire de la Plaine des Palmistes un véritable pôle de création artistique, démontrant qu’un écosystème culturel vivant se construit par la synergie de multiples initiatives complémentaires.

Le domaine de Baradoz à la plaine-des-palmistes

Une reconnaissance nécessaire

Il est important de prendre le temps de reconnaître et de célébrer le travail de tous.  Dans un secteur culturel souvent fragile économiquement, où les artistes doivent multiplier les activités pour vivre de leur art, chaque initiative qui leur offre un espace de travail, une visibilité, une légitimité, compte énormément.

Ces artistes auraient pu choisir de rester dans leurs ateliers personnels, de travailler de manière plus confidentielle. En acceptant de venir créer au Domaine des Tourelles, en ouvrant leur processus de création au public, ils prennent un risque – celui de l’exposition, de la vulnérabilité – et ils font un don – celui de leur temps, de leur énergie, de leur talent.

Ce don mérite d’être reconnu. Il mérite d’être valorisé. Car au-delà de leurs œuvres individuelles, ces artistes contribuent à construire quelque chose de plus large : un écosystème culturel local, un réseau de solidarité entre créateurs, une vision de l’art comme bien commun.

Les artistes qui passent par cet atelier sont comme des jardiniers. Ils viennent planter quelque chose dans ce lieu, dans ce territoire. Leur travail germe, pousse, se développe. Et quand ils repartent, ils laissent derrière eux des traces, des œuvres, des idées qui continueront à fructifier.

L’association Kolkol, fidèle à son nom d’herbe qui s’accroche et se propage, continue de tisser son réseau, de créer des liens, de faire pousser l’art partout où c’est possible. Et au cœur de la Plaine des Palmistes, dans l’écrin patrimonial du Domaine des Tourelles, cette belle aventure continue, portée par la générosité et le talent d’artistes qui croient que l’art peut changer le monde, ou du moins notre manière de l’habiter.

Alors MERCI!

 

🎥 KolKol au Festival GAYAR avec l’émission VIZION

 

Donner la parole aux Réunionnais sur la culture créole et l’identité réunionnaise

🌴 Le Festival GAYAR : une célébration de la culture et de l’identité réunionnaise

Organisé chaque année à Saint-André, le Festival GAYAR s’est imposé comme un rendez-vous incontournable des cultures réunionnaises.
Musique, artisanat, gastronomie, arts visuels, conférences et performances : tout y respire la diversité, la créativité et la fierté d’un peuple multiple.

Plus qu’un simple festival, GAYAR est un espace de reconnaissance.
Celui des langues, des histoires et des traditions qui composent l’âme de La Réunion.
Cette année, KolKol rejoint cette aventure en y apportant sa touche : une parole ouverte, sincère et profondément humaine.

🎙️ VIZION, une émission au cœur du vivant

Dans le cadre du Festival, KolKol présentera son émission originale : VIZION.
Pensée comme une web-émission culturelle, VIZION donne la parole à celles et ceux qui font vivre la culture réunionnaise au quotidien — artistes, artisans, militants, jeunes, anciens, curieux ou passionnés.

L’objectif : écouter, comprendre et partager.
À travers des témoignages, des discussions et des portraits sensibles, VIZION explore les grandes questions de notre temps :

Qu’est-ce qu’être créole aujourd’hui ?
Comment la culture réunionnaise se transforme, se transmet, se réinvente ?
Quelle place pour l’art et la parole dans la construction de notre identité collective ?

Chaque épisode est un espace de liberté, d’émotion et de réflexion, où les Réunionnais·es reprennent la parole sur leur propre histoire.

💬 Un plateau ouvert au public

Durant tout le Festival GAYAR, le stand KolKol accueillera un plateau mobile de tournage, où le public pourra venir participer à l’émission, réagir, témoigner ou simplement échanger.
Les conversations enregistrées feront partie d’une série diffusée prochainement sur la Web TV KolKol, un nouveau média culturel né pour mettre en lumière les initiatives locales et les créateurs de l’île.

🔥 Une culture en mouvement

Avec VIZION, KolKol poursuit sa mission : faire circuler la parole, valoriser les expressions créoles, et rendre visible la richesse culturelle de La Réunion.
Le Festival GAYAR offre le cadre parfait pour cette rencontre entre parole populaire, mémoire vivante et création contemporaine.

Parce que la culture réunionnaise ne se fige pas : elle se raconte, s’écoute et se partage.

📍 Festival GAYAR – Saint-André
🎥 Émission VIZION – par KolKol
🗓️ Du 3 au 5 octobre

💡 Une parole réunionnaise libre, créole et fière.

Artistes en résidence au Domaine des Tourelles

 

 

🎨 Le Domaine des Tourelles ouvre ses portes à la création contemporaine

🌿 Un lieu chargé d’histoire

Niché au cœur de la Plaine des Palmistes, le Domaine des Tourelles est un joyau du patrimoine réunionnais. Construit à la fin du XIXᵉ siècle, il fut l’une des premières demeures d’envergure de la région, marquée par l’architecture coloniale et le charme des grandes cases créoles.

Avec ses tourelles emblématiques, sa façade en bois et ses galeries ouvertes sur le paysage, le domaine témoigne d’un art de vivre et d’un rapport au territoire profondément ancrés dans l’histoire de l’île.
Classé site patrimonial, il abrite aujourd’hui un espace d’exposition, un musée dédié à la viedu terroir, et un vaste parc propice à la promenade.

🎭 KolKol et le Domaine des Tourelles : un partenariat pour faire vivre la création

Jusqu’en décembre, KolKol s’associe au Domaine des Tourelles pour mettre en place une résidence artistique mensuelle.
Chaque artiste invité·e s’installe dans le domaine, y crée ses œuvres sur place et expose son travail pendant toute la durée de sa résidence.

Cette initiative s’inscrit dans la philosophie de KolKol : valoriser les artistes réunionnais·es, encourager les échanges entre création contemporaine et patrimoine, et rapprocher le public des démarches artistiques actuelles.

Le domaine devient ainsi un atelier vivant, un lieu de rencontre entre mémoire et imaginaire, entre tradition et modernité.

👩🏾‍🎨 Première résidente : Aurore Labre

Pour inaugurer cette série, KolKol accueille Aurore Labre, artiste peintre dont le travail ne laisse pas indifférent.
Ses toiles, hautes en couleur et d’un réalisme vibrant, explorent la puissance du regard, la lumière, et la matière humaine.
Aurore peint des corps et des visages avec une intensité presque cinétique : on y sent la chaleur, le souffle et la présence.

Inspirée par la nature et la lumière de la Plaine des Palmistes, elle travaillera tout au long de sa résidence à une série inédite d’œuvres, visibles sur place pendant tout le mois d’octobre.

Son univers est à découvrir sur son compte Instagram officiel.

🌺 Un pont entre patrimoine et création contemporaine

En associant le patrimoine historique du Domaine des Tourelles à la création contemporaine réunionnaise, KolKol propose un nouveau regard sur la culture locale :
un regard ouvert, vivant, et profondément ancré dans le territoire.

Chaque résidence sera une rencontre : entre un lieu, un artiste, un public, et une île.
Un dialogue sensible entre la mémoire du passé et la lumière d’aujourd’hui.


📍 Domaine des Tourelles – Plaine des Palmistes
🗓️ Résidences KolKol du 10 au 19 octobre 2025
🎨 Artiste du mois d’octobre : Aurore Labre

Kolkol s’installe… Chez Kolkol !

 

L’inauguration du QG Kolkol : Quand l’innovation rencontre la créativité collective

Le 13 septembre dernier restera gravé comme une date charnière dans l’aventure Kolkol. L’inauguration de notre nouveau quartier général a marqué bien plus qu’une simple ouverture de locaux : c’était la naissance officielle d’un écosystème créatif où l’audace et la collaboration redéfinissent les codes.

Un lieu, une vision, une communauté

Dès les premiers pas franchis dans notre QG fraîchement inauguré, l’énergie était palpable. Les invités ont découvert un espace pensé pour libérer la créativité, favoriser les échanges et concrétiser les idées les plus ambitieuses. Ce nouvel environnement reflète parfaitement l’ADN Kolkol : un mélange d’innovation technologique et d’authenticité humaine.

La présentation du projet Kolkol a captivé l’assemblée. Notre vision d’un futur où la créativité collective transforme les industries a trouvé un écho immédiat auprès de nos invités. Entrepreneurs, créatifs, visionnaires et passionnés se sont retrouvés autour d’une ambition commune : repenser les limites du possible.

Le brainstorming qui a tout changé

L’un des moments les plus marquants de cette journée fut sans conteste la session de brainstorming collectif. Voir émerger des idées révolutionnaires en temps réel, observer la synergie créative s’opérer naturellement entre des profils si différents, c’était exactement ce que nous espérions en créant Kolkol. Les concepts qui ont émergé de ces échanges enrichiront durablement notre feuille de route et prouvent que l’intelligence collective surpasse toujours les réflexions isolées.

“Vizion” fait ses premiers pas

Le clou de cette inauguration exceptionnelle fut indéniablement la première diffusion de l’épisode inaugural de “Vizion”, notre nouvelle émission. Nos invités ont eu le privilège exclusif de découvrir ce format inédit qui explore les tendances émergentes et donne la parole aux acteurs du changement. Les réactions enthousiastes et les retours constructifs confirment que “Vizion” trouvera rapidement son public et sa place dans le paysage médiatique.

Une ambiance qui inspire

Tout au long de cette journée, la musique soigneusement sélectionnée a créé une atmosphère propice aux rencontres spontanées et aux échanges inspirants. Ces moments informels, entre deux présentations, se sont révélés aussi précieux que les temps forts programmés. C’est dans ces interstices que naissent souvent les collaborations les plus inattendues et les projets les plus audacieux.

L’avenir commence maintenant

Cette inauguration n’était qu’un commencement. Le QG Kolkol est désormais opérationnel et prêt à accueillir toutes les énergies créatives qui souhaitent contribuer à cette aventure collective. Les fondations sont posées, l’équipe est mobilisée, et la communauté grandit jour après jour.

L’aventure Kolkol entre dans sa phase active, portée par l’élan donné lors de cette journée mémorable. Nous remercions chaleureusement tous ceux qui ont répondu présents et ont contribué à faire de cette inauguration un succès retentissant.

Rendez-vous très bientôt pour de nouveaux épisodes de “Vizion” et les prochaines étapes de cette belle aventure collective !

Ciné Farfar : Une Expérience Cinématographique Sous les Étoiles !

 

Le Ciné Farfar arrive avec une programmation riche et variée, offrant aux petits et grands des moments de découverte, d’émotion et de réflexion à travers le 7e art. Entre séances pour enfants, courts-métrages d’animation et projections engagées, l’événement promet une immersion unique dans des univers cinématographiques captivants.

Installez-vous confortablement sous les guirlandes lumineuses, profitez d’une ambiance chaleureuse et laissez-vous emporter par la magie du cinéma !

🎬 Mercredi 19 Mars : Cinéma Jeunesse

🧚 “Mon Monde Imaginaire” (5-10 ans)

📅 Début : 15h00
Durée : 1h27 min

Une sélection de courts-métrages animés et poétiques qui transportent les enfants dans des mondes extraordinaires, remplis d’aventures et de magie.


🎭 “Avec ou sans mots”

📅 Début : 15h00
Durée : 42 min

Un programme qui célèbre le cinéma sous toutes ses formes, avec des films qui jouent sur l’image et l’émotion plus que sur les dialogues.

📽 Sélection de courts-métrages :

  • “Je sais que j’ai tort, mais demandez à mes copains ils disent la même chose” (Pierre-Oscar Lévy, 1983)
  • “Lili dans les nuages” (Toma Leroux, 2017)
  • “Le garçon et l’éléphant” (Sonia Gerbeaud, 2022)
  • “Livrarium” (Côme Ferré, 2022)
  • “Les astres immobiles” (Séléna Picque, Noémie Gruner, 2022)

🌈 “Mon Monde Imaginaire” (suite)

📅 Début : 15h45
Durée : 45 min

Un voyage à travers l’imaginaire des enfants, avec des récits touchants et inspirants.

📽 Sélection de courts-métrages :

  • “Tête en l’air” (Rémi Durin, 2023)
  • “Mon monstre et moi” (Claudia Röthlin, 2008)
  • “Le jouet” (Noémie Cathala-Vergnaud, 2017)
  • “Couleurs d’enfance” (Alexandre Labarussiat, 2023)

🍷 Vendredi 21 Mars : Apéro-Ciné “Les Femmes par les Femmes”

📅 Début : 18h00
Durée : 1h09 min

Une soirée dédiée aux regards féminins dans le cinéma, mettant en lumière des réalisatrices engagées et inspirantes.

📽 Sélection de courts-métrages documentaires :

  • “Réponses de femmes” (Agnès Varda, 1975)
  • “Rendez-vous romantiques” (Michka Gorki, 1972)
  • “Pionnières et dictionnaires du cinéma” (Carole Roussopoulos, 1984)
  • “Free, white and 21” (Howardena Pindell, 1980)

🚨 Attention : Certains films contiennent des scènes de nudité.


🌍 Dimanche 23 Mars : Regards sur l’Outre-Mer

🌅 “Île était une fois”

📅 Début : 15h00
Durée : 1h22 min

Une immersion dans les récits insulaires, entre mémoire, transmission et identité.

📽 Sélection de courts-métrages :

  • “Zanatany, l’empreinte des linceuls esseulés” (Hachimiya Ahamada, 2023)
  • “A última colheita” (Nuno Boaventura Miranda, 2024)
  • “Des rêves en bateaux papiers” (Samuel Suffren, 2023)
  • “Pie dan lo” (Kim Yip Tong, 2024)

🌊 “Regards des Outre-Mer”

📅 Début : 19h30
Durée : 1h22 min

Une sélection de films qui explorent la diversité des territoires d’Outre-Mer, entre récits intimes et histoires universelles.

📽 Sélection de courts-métrages :

  • “Timoun aw” (Nelson Foix, 2020)
  • “Djo” (Laura Henno, 2018)
  • “Kabri I Manz Salad” (Nicolas Sery, 2023)
  • “Bonnarien” (Adiel Goliot, 2023)

💡 Rejoignez-nous pour partager ces moments uniques et profiter du cinéma en plein air !

👉 Lieu : Jardin du Ciné Farfar
👉 Entrée libre – Pensez à apporter une couverture et un coussin pour plus de confort !

🎥 Un festival à ne pas manquer pour tous les amoureux du cinéma !

🎨 Kolkol et JCDecauxReunion transforment La Réunion en galerie d’art à ciel ouvert !

📍 La Réunion, mars 2025 – L’art prend d’assaut l’espace public ! L’association Kolkol, en partenariat avec JCDecauxRéunion, inaugure une exposition inédite qui promet de métamorphoser le paysage urbain réunionnais. 23 artistes et 27 œuvres seront affichés sur des panneaux 4×3 à travers l’île, offrant ainsi une vitrine spectaculaire aux talents locaux. Une première qui marque un tournant dans la diffusion de l’art sur l’île.

🖌️ Kolkol, un tremplin pour la création réunionnaise

Kolkol n’est plus à présenter dans le paysage culturel réunionnais. Depuis sa création, l’association a organisé près d’une centaine d’expositions, exposé plus de 150 artistes et fédéré une communauté d’adhérents passionnés. Son engagement ? Sortir l’art des galeries pour le rendre accessible à tous.

Avec ce projet, Kolkol frappe fort : amener l’art directement dans la rue, sur des supports habituellement réservés à la publicité. C’est une rencontre inédite entre le regard du passant et la vision de l’artiste, un dialogue entre quotidien et imagination

🏙️ Une galerie d’art XXL dans l’espace public

Dès la fin mars, les rues de La Réunion vont se parer de créations originales, sublimant le mobilier urbain. Peintures, illustrations, graffitis, collages… Chaque panneau devient une fenêtre sur l’âme artistique réunionnaise.

🎤 On offre aux artistes une visibilité inédite et un public nouveau. Cette exposition c’est un moyen de libérer l’art de galerie et de lui ouvrir un espace habituellement réservé aux street-artistes.
Johan Hoareau, co-président de Kolkol

🤝 Un partenariat engagé avec JCDecaux

Ce projet ambitieux voit le jour grâce au soutien de JCDecauxRéunion, leader mondial de l’affichage publicitaire et acteur engagé. En mettant ses espaces à disposition, l’entreprise contribue à une réinvention de l’espace public urbain.

Le Rendez-vous des Artistes à la Galerie Farfar – Édition du 14 mars

🎨 Le Rendez-vous des Artistes revient ce vendredi 14 mars à 18h30 à la Galerie Farfar (Le Tampon) pour une nouvelle soirée de rencontres et d’échanges autour de la création. Tous les trois semaines, cet événement offre un espace privilégié aux artistes pour partager leur univers, discuter de leurs projets et rencontrer leur public, dans un cadre convivial et inspirant.

À l’honneur pour cette édition :

🖌️ Maurine Aubert – “Les Mains Noires”
Maurine Aubert explore la puissance expressive du fusain à travers un travail minutieux et évocateur. Diplômée de l’ESA Réunion en 2023, son œuvre, inspirée par la nature et la mémoire, interroge le passage du temps et la transmission. Elle sera en exposition à la galerie jusqu’au 4 avril.

✒️ Inkult – Lignes et Imaginaire
Avec son trait précis et ses compositions immersives, Inkult invite au voyage dans des mondes graphiques où se croisent détails oniriques et structures architecturales. Son univers, entre ciel et mer, est une invitation à l’évasion.

📅 Infos pratiques
📍 Lieu : Galerie Farfar – 67 rue Hubert Delisle, Le Tampon
🕡 Date : Vendredi 14 mars à 18h30
🎟️ Entrée libre

Venez découvrir ces artistes, échanger avec eux et profiter d’une soirée placée sous le signe de la créativité !

parnoumem

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@badasspei

Des citations positives et inspirantes portées par des illustrations jouant sur les couleurs bleues et roses.. Mais attention, Badass casse les clichés et vous refait le portrait, si vous voulez !

BADASS PEI

@badasspei

Des citations positives et inspirantes portées par des illustrations jouant sur les couleurs bleues et roses.. Mais attention, Badass casse les clichés et vous refait le portrait, si vous voulez !

SOZE

@soze_kaval_insta_offciel

Graffeur dans l’âme, depuis presque 30 ans ! Avec ce aérosols ou poscas, ses lettrages reconnaissables ! Un artiste engagé, aux multiples facettes et talents !

ISY

@bouche.et.botanique

Le pouvoir des fleurs ! Artiste peintre et dessinatrice, qui s’aventure jusque sur les murs. Les richesses de la flore locale l’inspire, et l’écologie reste au coeur de ses préoccupations artistiques !

INKULT

@in_kult

Artiste multidisciplinaire ! Un imaginaire poétique riche ! Du stylo à l’aérosol en passant par l’aquarelle, il promène sa fantaisie où beau lui mène ! Il nous conte avec son regards,de formidables histoires !

CELIN FROMTHEWOOD

@celin_fromthewood

Un mélange détonnant, des couleurs pop acidulées qui contraste avec un esprit rock, s’inspirant entre autres,des icônes musicales, avec une impertinence bien envoyée!

KONY CHO ART

@konychoart

Caméléon du Street Art ! De la nature luxuriante aux paysages de cartes postales, du style plus urbain, à un univers plus enfantin! Sa palette n’a pas de limite de terrains !

FATAK974

@fatak.graff

De la bombe ! Mais ce qui explose ce sont ses couleurs ! Graffeur et illustrateur, il nous offre des portraits aux émotions éclatantes, aux couleurs vives, s’amusant parfois à la caricature.

Olivier cadet

Tel: 0692444444
Mail: olikd02@hotmail.com                                                                                               

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Hubert reves

Tel: 0692444444
Mail: hubert@hotmail.com                                                                                  

JZEUS

Tel: 0692444444
Mail: jzeus@hotmail.com                                                                                               

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KONSOLE

Tel: 0692444444
Mail: konsole@hotmail.com                                                                                               

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